Alors que
Treyarch se chargeait de reprendre en main la licence
pour un troisième épisode chargé de faire
durer le plaisir,
Infinity Ward bossait déjà sur un nouveau
projet qui n'allait pas tarder à devenir le nouveau
Call of Duty. Les créateurs de la
série ont donc repris pour de bon leur bébé en
main, prêts à l'emmener vers d'autres champs de
bataille. Mais si le cadre a radicalement changé, qu'en
est-il du jeu en lui-même ? Quatre ans seulement après
le premier épisode de la série, l'heure du grand
chambardement a-t-elle vraiment sonné ?

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Ce n'est, depuis quelques mois, plus une surprise pour personne
: Call of Duty a donc finalement fait le grand
saut. De l'aveu même de son créateur, Grant Collier,
la Seconde Guerre mondiale commençait à trop limiter
les ambitions et les envies d'
Infinity Ward. Pour autant, les bougres avaient toujours
envie d'une bonne guerre et comme l'on n'est jamais mieux servi que
par soi-même, ils se sont mis en tête de créer
un conflit planétaire de toute pièce. Exit les nazis
et les sempiternels champs de bataille vus et revus, place à
des terroristes arabes et des mercenaires russes placés
comme il se doit dans un cadre fictif pour le moins proche de ce
que proposerait un titre estampillé Tom Clancy. Complots internationaux, coups
d'état, terrorisme... Call of Duty 4 a
délaissé les obligations de cohérence
historique pour mieux développer une mise en scène
dramatique et tout aussi mature, car renvoyant directement à
des événements contemporains. Briefings et dialogues
dynamiques permettent de booster avec justesse les scènes de
transition entre les missions. Plus que jamais, Call of Duty nous plonge au coeur du conflit,
dans la peau de ses protagonistes. A l'image de cette cut-scene
brutale et saisissante qui tient plus ou moins lieu d'introduction
et nous place aux premières loges d'un putsch. Bref, pour
résumer crûment les choses, après Medal of Honor et sa guerre vintage,
Call of Duty a décidé de
s'attaquer à Ghost Recon et ses raids éclairs. Pour
autant, la série n'en perd pas sa personnalité. Il
suffit de se lancer dans la bataille pour s'en rendre compte.
Quand le devoir appelle, il faut
qu'G.I.

Pour varier les plaisirs, Call of Duty 4 se
partage en plusieurs actes et zappe constamment entre plusieurs
fronts. On y incarne donc tour à tour un SAS de
l'armée britannique et un Marine américain. Ces
changements de points de vue permettent, bien sûr, de
profiter de différents cadres pour les champs de bataille,
mais influent également sur la physionomie même de
leurs missions. Les SAS auront ainsi plutôt tendance à
la jouer fine, si possible de nuit, évoluant silencieusement
pour surprendre l'ennemi à coups de flashbang et
fuyant la menace pour se concentrer sur leurs objectifs. Les
Marines, quant à eux, fonceront dans les ruelles
poussiéreuses et brûlantes de villes arabes et feront
face à des hordes de terroristes bien retors pour des
fusillades beaucoup plus conséquentes et violentes. Mais,
dans les deux cas, Call of Duty 4 mise tout sur
l'action et reste fidèle à son envie de plonger le
joueur au coeur d'une bataille dont il n'est qu'un simple
acteur.
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Comme au bon vieux temps de la Seconde Guerre mondiale, on sera
donc constamment accompagné de compagnons d'armes. Ceux-ci
agissent d'ailleurs avec un "naturel" étonnant grâce
à des attitudes vraiment crédibles. Ils savent
avancer à pas mesurés, se placer avec prudence dans
les angles morts et communiquer parfois par simples signes. C'est
sûr, ils n'ont plus grand-chose à voir avec leurs
grands-pères un peu patauds qui luttaient tant bien que mal
contre la menace nazie. Modern Warfare met en
scène des professionnels aux gestes minutieux et semble
d'ailleurs bien fier de le mettre en avant à de nombreuses
reprises. Ils seront souvent d'une aide bien efficace face aux
multiples dangers qui vous attendront tout au long de la campagne
solo.
A rush of blood to the head

Vos ennemis, quant à eux, sauront également se
montrer efficaces, même si, comme dans les
précédents épisodes, la difficulté du
jeu viendra plus des situations en elles-mêmes que de
l'intelligence des soldats d'en face. En effet, Call of
Duty 4 préserve l'un des principes autour duquel le
gameplay de la série a toujours
été construit et plonge le joueur face à des
dangers auxquels il ne pourra échapper qu'en se prenant pour
un héros. On pourra ainsi vider des dizaines de chargeurs
face aux ennemis en se planquant prudemment derrière un bout
de mur, la situation ne changera jamais. Ils continueront à
débarquer par paquets jusqu'à ce que vous vous
décidiez à prendre votre courage à deux mains
et à vous jeter dans la mêlée en comptant sur
vos talents (ou parfois la chance) pour vous en sortir vivant. Ce
n'est, bien sûr, pas réaliste pour un sou, mais cette
mécanique a pour avantage indéniable de forcer le
joueur à se dépasser et à faire directement
face au danger : donc de se payer à tous les coups des
montées d'adrénaline pas possibles.
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Car Call of Duty n'a rien perdu de sa vocation
première et donne encore plus dans le spectaculaire et
l'explosif. On retrouve donc l'habituel cortège de
scènes scriptées toujours là pour en mettre
plein la vue. Mais c'est surtout dans les missions et objectifs
proposés que cet épisode excelle pour épater
la galerie. Modern Warfare nous trimbale
constamment dans des situations de plus en plus périlleuses
et joue avec nos nerfs avec des rebondissements toujours bien
sentis. Il nous réserve d'ailleurs quelques passages
d'anthologie avec, notamment, une mission flashback centrée
sur l'infiltration qui aurait de quoi rendre verts de jalousie un
certain Solid Snake et son
Subsistence.
First Person Spectacle

Mais le côté toujours un peu artificiel de la
guerre selon Call of Duty 4 ne rend heureusement
pas pour autant l'aventure totalement linéaire. Grâce
à un bon travail sur le level design, on a droit à des
maps plus vastes et plus complexes, ce
qui évite au joueur d'avoir à se coltiner des chemins
préétablis bien lassants. On pourra donc très
souvent agir à sa guise et choisir soi-même la
meilleure stratégie à adopter face à l'ennemi.
Passer la petite ruelle qui part à droite, foncer droit
devant en comptant sur les quelques abris pour échapper aux
balles ennemies, tenter un bon rush des familles pour
prendre l'ennemi à revers... A vous de voir. Vous pourrez en
plus toujours compter sur une bonne réactivité de vos
alliés qui sauront suivre vos pas pour mieux vous couvrir.
Bref, grâce à tous ces efforts, Modern
Warfare réussit à proposer une campagne solo
rythmée, explosive et variée. Malheureusement, en
contrepartie, il faudra se contenter d'une durée de vie bien
faible pour le genre, autour d'une toute petite demi-douzaine
d'heures en mode Normal. Celle-ci sera, bien sûr, un peu plus
conséquente en augmentant la difficulté, mais il ne
faudra pas attendre de miracles non plus.
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C'est là qu'intervient miraculeusement le mode
multijoueur pour faire taire les grincheux. Les fans de la
série le savent,
Infinity Ward n'est pas du genre à bâcler
cet aspect du jeu et le prouve une fois de plus dans ce
quatrième épisode. On y retrouve évidemment
des modes de jeu classiques pour le genre avec quelques
déclinaisons appréciables. Mais la petite idée
qui marque surtout, c'est sa tendance RPG. En effet, selon vos prouesses sur le
champ de bataille, vous remporterez des points d'expérience
qui vous permettront de monter au fur et à mesure de niveau.
Pour vous récompenser, vous pourrez alors créer votre
propre classe de perso, débloquer des armes
particulières et mêmes des aptitudes spéciales
comme, par exemple, rester en vie quelques secondes de plus
après vous être fait dégommer la tête et
tenter de loger une ultime balle dans le crâne de votre
assassin sans scrupules. Grâce à la complexité
et l'ingéniosité de l'architecture des nombreuses
maps et de la nervosité du
gameplay, il y avait déjà
de quoi devenir rapidement accro au multi de Modern
Warfare, cette nouveauté ne fait qu'en rajouter une
couche.
La guerre, c'est pas si moche !

Dernière surprise qu'il nous réserve - et non des
moindres -, Call of Duty 4 opère un
sérieux bond technique en avant par rapport à ses
prédécesseurs. Il faut dire qu'à
l'époque du deuxième épisode (premier sur
Next
Gen), la Xbox 360 restait encore bien mystérieuse
pour les programmeurs et qu'
Infinity Ward n'avait pas bénéficié
du temps nécessaire pour la pousser bien loin. Il fallait
à tout prix faire partie du line-up de lancement. Avec plus
de temps et de moyens, le résultat avec Modern
Warfare est tout à fait à la hauteur de nos
attentes d'esthètes. Les environnements sont fins,
détaillés, complexes et prennent vie grâce
à l'excellent travail réalisé sur les
lumières et la gestion des ombres. Les effets de particules
sont également saisissants, aussi bien pour les explosions
ou les impacts de balles sur les murs que pour l'ambiance de
certains environnements. La modélisation des soldats des
deux bords est une autre bonne raison de saluer le travail
d'
Infinity Ward, d'autant que leurs animations sont
particulièrement crédibles. On pourra
néanmoins regretter des petites touches d'aliasing
çà et là ou certaines textures qui font
parfois un peu cheap. Mais on est d'autant plus indulgent
avec ces petits accrocs que le jeu reste impressionnant à
voir et, surtout, se montre d'une fluidité exemplaire,
contrairement à beaucoup de titres concurrents qui sont loin
d'être irréprochables de ce point de vue.
Côté ambiance sonore, si les doublages français
restent assez quelconques et les musiques convenues, les bruitages,
eux, donnent vraiment du panache au jeu. Explosions, tirs, cris...
C'est la dernière touche qui permet d'immerger encore mieux
le joueur au coeur de ce conflit trop bref, mais trop
bon.
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